La chapelle Saint-Joseph
Présentation de la chapelle
On l’a souvent dite sans cachet et un inventaire la date même du XIXème siècle… C’est bien injuste pour cette petite chapelle si harmonieuse dans ses proportions, délicatement parée dans son bel enclos de verdure.
Rectangulaire, d’environ 15 mètres de longueur sur 6 mètres de largeur, elle présente extérieurement l’aspect d’un édifice très sobre du XVIIème siècle.
La façade ouest est percée d’une belle porte en plein centre entre deux puissants contreforts qui traversent la muraille. Une petite fenêtre cintrée aux arêtes vives décore le pignon que domine le clocheton assis sur une souche carrée et qui élève la chambre de la cloche entre deux corniches. Le tout s’amortit d’un dôme à double bosse surmonté d’une belle croix de fer forgé. Une porte au bel arrondi s’ouvre sur la longère méridionale tandis que deux baies cintrées, ébrasées à l’extérieur assurent le bon éclairage du choeur. Le pignon est ornementé d’une jolie croix de pierre, si bien que la chapelle dans son bouquet d’arbres semble un petit reliquaire aux belles proportions.
Depuis 1980, ses restaurateurs se sont attelés à la tâche pour lui rendre sa beauté originale.
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Son histoire
Des actes de 1649 et 1652 font état de la fondation de la chapelle par les sieurs Le Vacher et De Rubian. Un autre édifice existait probablement auparavant. La chapelle est mentionnée sous le double vocable de Saint Joseph et de Sainte Anne dont les fêtes se célébraient le 19 mars et le 25 juillet dans la chapelle.
La cloche, qui aujourd’hui encore appelle les pèlerins, a été fondue en 1778 à Middleburg en Hollande. On ne sait comment elle fut apporté là.
Le 4 juin 1795, la chapelle Saint Joseph, ainsi que la chapelle Saint Louis aujourd’hui disparue, fut vendue bien national à Maître Le Hars, notaire à Peumerit. Il fit graver son nom sur la façade de Saint Joseph.
Le 28 mars 1816, la chapelle était cédée à la fabrique et réouverte au culte. Durant la période révolutionnaire, elle fut clandestinement desservie par un prêtre non jureur, l’abbé Jean-Marie Le Bihan. Le registre paroissial de l’époque atteste que l’on vient de loin recevoir, durant la nuit, les sacrements.
Ruine et restauration
En 1980, la chapelle était en ruine et de plus, menacée de destruction. La végétation l’envahissait et, depuis plusieurs années, le pardon ne se célébrait plus. Devant cette situation alarmante, un groupe de personnes décidées à sauver la chapelle se constitua en association. Épaulés par l’association Breizh Santel, les Amis de la Chapelle organisèrent les premiers chantiers.
La charpente fut déposée et les maçonneries consolidées pour accueillir la nouvelle toiture. Si le premier pardon s’était déroulé en plein air, tous voulaient que la chapelle fut couverte pour le second. Deux fêtes, une subvention exceptionnelle du Ministère de la Culture en faveur du patrimoine rural non protégé et une autre du Conseil Général permirent de mener à bien l’opération.
La découverte des peintures
C’est à l’occasion de ces travaux que des peintures murales apparaissant en plusieurs endroits furent découvertes sous le badigeon de chaux blanche. Des spécialistes alertés en affirmèrent l’intérêt. Une longue et laborieuse attente commença pour obtenir la restauration de l’ensemble.
A cette occasion, la chapelle fut inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Les travaux permirent de dégager un décor de style très naïf du XVIIème siècle, repris au XVIIIème et XIXème. L’intérêt principal de ces peintures est qu’elles sont un témoignage très rare du décor traditionnel des chapelles bretonnes. Conservant la conception moyenâgeuse, les bretons prisaient les voûtes bleues symbolisant les cieux, tandis que les piliers ou les murs de longère illustraient la création par l’exubérance des sculptures ou des peintures. Badigeonnés de blanc à partir du XVIIIème et surtout XIXème siècles, ces décors finirent de disparaître.
La chapelle de Saint Joseph présente donc un ensemble exceptionnel dans sa simplicité.
Le mobilier
Une balustrade de bois tourné règne à l’entrée du choeur. Un retable lambris représente Sainte Anne et la Vierge enfant, Saint Joachim, Saint Joseph et l’Enfant Jésus.
De chaque côté sur le mur, le décor prend naissance : un grand bouquet rayonnant à droite et un Saint Charles Borromée en prière à gauche. Dans la nef, une belle statue de Saint Louis et un Christ en croix très touchant tranche sur le décor de fleurs et de cartouches. Au fond de la chapelle une tribune a été reconstituée en 1993.
La voûte
Une voûte en lambris bleu a été posée fin des années 1990. La recherche de la forme et de la couleur a demandé beaucoup d’attention. Les deux portes ont été remplacées en 2002 et 2003. Réparation et mise aux normes de sécurité de la cloche effectuées en 2003.
L’extérieur
Afin de lutter contre les problèmes d’humidité qui menaçaient les peintures intérieures, l’association a fait réaliser des travaux de drainage, la pose de gouttières en cuivre et de descentes en fonte en 2002.
Pièce unique, créée sur mesure pour la chapelle sur les conseils des Bâtiments de France, le portail, posé fin 2004, vient fermer le placître.
Suite aux travaux de drainage, la pelouse et des plantations ont été réalisées par un professionnel.
Ajouts récents
En 2015, sur la demande des Bâtiments de France, le placître a été agrandi derrière la chapelle pour ouvrir cet espace : 10m ont été ajoutés.
